03. décembre 2007

Jean a rendez vous…

Jean a rendez vous avec l’éclipse du Calypso (qui lui remue le Cousteau dans la plaie), les rescapés de l’Erika, les littoraux mis à mort dans l’arène des promotueurs, les déchets oubliés du développement durable, les restes de mouettes mazoutés, les « Plus jamais ça », les slogans de façade, les plages labellisées, les pavillons bleus-pétrole, les phoques sans papiers, les pêcheurs sans poissons, les poissons en grève, Oli et son kayak de mère, la marée hot et son strip tease ensablé, le soleil qui se la coule douce, l’horizon qui le berce, les auditeurs de Radio O, Renaud, les «c’est pas l’homme qui prend la Mer…», l’océan qui se dé-chaine, sa mise en seine, son ciné-marin, sans oublier ses droits d’eauteurs…

26. novembre 2007

Le regard vague, prendre le large…

Jean, rame, répète ce geste sans relâche, tous les jours, pleut importe le temps, peu importe l’humeur de la mer, son humour, il s’y invite en marin amoureux tous les matins, lui masse son dos d’eau, lui caresse ses fesses ondulées en lui susurrant au creux des vagues des mots d’eau douce, des mots d’Ossau, des mots de l’eau de l’Aspe, des « Aspa siempre » qui lui file la chair de Houle…

Jean rame, et dans ce geste sans relâche qu’il signe à la sueur de ses bras, il dessine une autre trame, s’invente un autre chemin, le regard vague, la sensation flottante d’être à sa place, petit, discret, otage consentant des vents et marées, son âme divague et son cÅ“ur lui dit vogue…

16. novembre 2007

Ne craque pas Jean…

J’envie les gens qui sortent de leur lit avec leur doudou à coté. J’envie les gens qui boivent un café bien chaud sans risqué de mettre le feu à leur tente. J’envie les personnes qui ne remettent pas d’affaire mouillées le matin . J’envie les personnes qui sont au chaud. J’envie ceux qui ce voient pour prendre des décisions et qui peuvent les prendres parce qu’ils sont au jus de ce qui se passe. J’envie ceux qui n’ont pas mal aux bras tout les jours, ceux qui n’ont pas peur que la nuit ou la tempête arrive avant qu’ils soient parterre” 
Jean Capdevielle

Ne craque pas Jean, c’est le moment d’y croire plus que jamais, la France est en grève, le courrier ne passe plus, ce n’est pas le moment de flancher, notre courbe de productivité a les yeux rivés sur toi, chaque jour tes performances progressent, nos parts de marché ne cessent de grimper, le taux de satisfaction de nos clients explose, tu ne peux pas décevoir Barraud, tu n’as pas le droit, la compétition féroce depuis l’ouverture à la concurrence du marché postal te l’interdit. Au nom du capitalisme vert, penses a nos actionnaires qui croient en toi et qui ont misé gros sur notre projet “Pour que l’eau vive”…

Penses à l’avenir qui te regarde et qui te dit de ramer plus pour poster plus…

15. novembre 2007

J’envie Jean…

J’envie Jean, j’envie Jean qui rame de rive en rêve, qui rame  pour que l’eau vive, pour qu’elle valse sous ses coups de pagaie, pour qu’elle goûte ses mots à l’eau de prose, qu’elle écoute le chant des bras qui suent…

J’envie Jean, qui nous dit à nous, planqués derrière nos écrans d’arrêt, regardez comme c’est beau dehors, regardez comme on a encore le droit de regarder juste en ouvrant les yeux…

Et nous assis sur la chaise, les pieds au chaud, les millions de pixels dans les yeux, on trouve ça beau, on applaudit avec la souris, puis on clique avec le doigt sur la croix. On se dit que la nature après tout ça nous regarde pas, et on passe à autre chose, on consulte les mails, on supprime les virus, on vérifie les cours de la bourse, bref on ne perd pas notre temps…

Nous la foule de gens, on a juste le temps de se dire qu’il est fou le Jean, qu’il est pas bien dans sa tête, et c’est pour ça qu’il fait n’importe quoi, comme par exemple amener du courrier par kayak en allant de la rochelle à Paris… Nous la foule de gens on se dit qu’il est timbré le type et on se dit que c’est le cas de le dire et on rigole tout seul devant son écran…

J’envie Jean, j’envie Jean et j’envie Mr Barraud aussi, le PDG barré du Kayak Postal, sans qui on ne pourrait pas, nous la foule de gens normaux, se dire qu’on jour pourquoi pas on ira voir comment c’est beau d’écrire une lettre, des mots au fil de l’eau, juste pour les poster quelque part dans le ventre de l’océan, qui nous regarde avec ses grands yeux, l’air de dire qu’il n’a pas dit son dernier mot…

22. octobre 2007

Entre-prise de conscience…

Pour que l’eau vive, La Rochelle-Paris, 39 étapes, 1300kms, 50 jours (RTT inclus), un kayak, une mission, sans émission de jazz à effet de serre, à contre courant du grenade de l’environnement, un homme, de l’eau, de long en large, une traversée in-solitaire, au service du kayak-Postal, une entreprise de conscience, un concept, un pari sur l’avenir qui nous le dira, la rencontre inattendue d’un PDG et d’un amant de la Nature, une complicité, en vert et avec tous, au delà de ce qui les sépare, naturellement….

D’un côté, le goût du profit, l’esprit Kayakpitaliste, les ports de marché, le seuil de rentabilité, les chiffres qui parlent, le sens de l’innov’action, le détour sur investissement, et Mister Barraud qui met la barre haut…

De l’autre, le profit du goût, l’esprit qui dit vague, le corps qui dit vogue, le sens de l’instintuition, le retour eau-source, en écho, l’eau, la pagaie comme un pinson, le sombrero de la mer,  Jean, le Clyde des rives, erre, au milieu de cette océan de vie qui rime avec rame…

Duo dans le duel, deux roues d’un même tandem, d’une alliance “contre-nature”, d’un défi qui les a réuni comme pour mieux nous surprendre et nous dire : “Regardez comme c’est beau”…